La santé globale
Le nouveau défi
Psychologue.net -
Aujourd’hui et depuis la crise sanitaire du Covid-19, le « prendre soin » est une réelle préoccupation en termes de santé publique, au niveau collectif et individuel. La médecine classique a certes pour pilier la médecine conventionnelle mais elle se doit aussi d’avoir une vision globale de l’être humain et de tenir compte de ses dimensions physique, émotionnelle, cognitive, sociale et environnementale. Dans un contexte où la santé mentale est au cœur de la santé, il devient nécessaire de réhabiliter le psychosocial dans le parcours de soins et de réinventer le système de santé. C’est-à-dire de sensibiliser à une vision humaniste et performante de l’accompagnement afin de passer d’une médecine centrée sur la maladie à une médecine centrée sur la personne.
Selon moi, le défi d’une santé adaptée aux besoins d’aujourd’hui s’articule autour de deux axes. Instaurer, promouvoir et légaliser un parcours de soin axé sur la santé intégrative dans les établissements privés et les hôpitaux. Règlementer la formation et l’exercice des thérapies complémentaires pour une approche intégrative de la santé.
Instaurer, promouvoir et légaliser un parcours de soin axé sur la santé intégrative
La maladie et les traitements induisent des conséquences sur la vie émotionnelle et psychique des patients et plus largement sur leur vie sociale, personnelle et professionnelle. La santé globale vise à améliorer la qualité de vie des patients, les aide à développer leur résilience au quotidien et construire un projet d’avenir. Cette vision passe par l’innovation du parcours de soin et le renforcement de l’accès aux soins.
La société avance vite sur ces sujets, la moitié des Français a recours à des pratiques non conventionnelles. De plus en plus d’établissements privés et publics s’appuient sur ces pratiques complémentaires : l’Institut Curie, l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, les hôpitaux militaires, de nombreux CHU. Des établissements privés tels que l’Institut Raphaël, spécialisé en oncologie, proposent un projet pilote de santé intégrative. Sorella, un nouvel espace de santé pour prendre soin des femmes dans leur globalité ouvre ses portes en janvier 2023. Ces initiatives foisonnent mais sont encore isolées, et les pratiques complémentaires sont encore peu valorisées par les tutelles de la santé qui pourraient s’inspirer des modèles allemand et suisse.
Règlementer la formation et l’exercice des thérapies complémentaires pour une santé intégrative
« Il est temps d’accorder une place raisonnée aux médecines alternatives dans le système de soins », Le Monde, 11/11/2022. Dans cet article, des membres du Collège Universitaire de Médecines Intégratives et Complémentaires (CUMIC) abordent la thématique de l’encadrement des thérapies complémentaires, afin d’améliorer la sécurité des patients. Cela passe par une règlementation de la formation et de l’exercice des thérapies complémentaires. En effet, l’offre des médecines complémentaires, aussi appelées alternatives, douces, parallèles, est aujourd’hui peu lisible, et largement décriée par les médias, les professionnels de santé voire par les patients eux-mêmes.
Dans cette tribune publiée par Le Monde, le CUMIC propose un projet de réforme et de règlementation pour les praticiens de santé exerçant des pratiques de soins non conventionnelles (PNCS) et qui n’ont pas le statut de professionnels de santé au sens du code de Santé Publique.
Aujourd’hui, il n’existe pas de référentiel règlementaire concernant les pratiques complémentaires. C’est pourquoi les organisations professionnelles des pratiques de soins non conventionnelles travaillent à la structuration de leurs métiers. Il devient important de fédérer les métiers de l’accompagnement en travaillant sur un projet commun afin de structurer, évaluer et sécuriser ces métiers. À ce jour, la Non Pharmacological Intervention Society (NPIS) travaille à un modèle unique pour leur évaluation. Le Collège Universitaire des Médecines Intégratives et Complémentaires (CUMIC), quant à lui, se positionne sur une approche intégrative de la médecine qui articule médecine conventionnelle et thérapies complémentaires.
Pour toutes ces raisons, il est important de repenser la santé en changeant de paradigme. Un monde dans lequel chacun est responsable de sa santé avec une vision globale de la santé telle que définie par l’OMS depuis 1947 : « Un état complet de bien-être physique, mental et social » et non « une absence de maladie ou d’infirmité ».
Sources :
- Le Journal du dimanche - 12/11/2022 - Pour une médecine intégrative
- Le Monde - 11/11/2022 - Il est temps d’accorder une place raisonnée aux médecines alternatives dans le système de soins